Rencontrez Michael Eifert, le dernier d’une longue lignée de challengers peu connus de l’IBF

Michael Eifert : Un long chemin vers l’opportunité

Michael Eifert a passé plus de trois ans à attendre un coup de téléphone que beaucoup pensaient ne viendrait jamais. Cet Allemand peu connu a créé la surprise en battant aux points l’ancien champion du monde Jean Pascal lors de leur éliminatoire final de l’IBF en mars 2023. Cette victoire était censée permettre à Eifert d’obtenir une chance pour un titre mondial, mais au lieu de cela, elle a conduit à trois ans d’inactivité, de frustration et au redoutable jeu d’attente de la boxe.

Les choix difficiles d’un challenger

Eifert, âgé de 28 ans, n’a combattu qu’une seule fois depuis sa victoire contre Pascal, lors d’un combat de préparation de six rounds en août 2024. Il est mis à l’écart depuis maintenant 21 mois consécutifs. Cependant, Eifert n’est pas complètement innocent dans ses difficultés. Il a accepté deux offres de compensation pour permettre aux combats entre Dmitry Bivol et Artur Beterbiev de se dérouler fin 2024 et début 2025.

« Si Eifert avait décidé de refuser ces compensations en 2024, Beterbiev aurait probablement simplement abandonné la ceinture, permettant ainsi à Eifert d’affronter Conor Wallace dans l’un des combats pour le titre mondial les plus modestes de la boxe. »

Il n’y avait aucune valeur à faire cela. Eifert a donc choisi de rester sur la touche en encaissant des chèques de compensation pendant que Beterbiev et Bivol se battaient pour la couronne incontestée lors de combats consécutifs sur quatre mois.

Un système difficile pour les challengers

En termes simples, Eifert est un produit — et une victime — du système de challengers peu connus de l’IBF. C’est une histoire similaire à celle de Bakhram Murtazaliev, qui a été challenger de l’IBF pour Jermell Charlo pendant plus de quatre ans, acceptant de se retirer à plusieurs reprises pour permettre à Charlo de participer à trois unifications consécutives.

Après des années d’attente, Murtazaliev a finalement obtenu — et remporté — son combat pour le titre mondial, tout en ayant également des millions dans son compte bancaire pour avoir accepté de reporter l’opportunité encore et encore.

Une chance inattendue

Ce que le prétendant allemand n’aurait pas pu prédire, cependant, c’est que son attente serait prolongée de 12 mois supplémentaires en raison de la blessure de Bivol, et qu’un combat pour le titre intérimaire contre Wallace ne se concrétiserait pas. Eifert représente soudainement l’adversaire idéal pour un combat de reprise.

« Si le challenger peu connu devait gagner samedi, ce serait l’un des plus grands chocs dans un ring de boxe ces dernières années. »

En dehors de sa victoire contre le poids léger Pascal, qui a été stoppé en quatre rounds par Michael Cieslak en juin dernier, Eifert n’a pas d’autre nom notable sur son palmarès.

Le parcours d’Eifert

En 2022, l’IBF a passé en revue les classements à la recherche de son prochain prétendant numéro 1. L’organe de sanction a demandé à Joshua Buatsi, Anthony Yarde et Gilberto « Zurdo » Ramirez s’ils étaient intéressés par l’éliminatoire final, les trois ayant finalement refusé l’opportunité. Pascal, cependant, a accepté la chance, tout comme Eifert, qui était le suivant dans la file d’attente.

L’histoire d’Eifert a commencé à Bautzen, en Allemagne, en 1997. Il a déménagé dans la région de Kaufbeuren, où il a commencé la boxe à l’âge de 10 ans. Eifert a disputé plus de 100 combats amateurs, remportant les championnats allemands U21.

En 2018, à l’âge de 20 ans, il a mis fin à sa carrière de dix ans dans les rangs amateurs et est passé au monde professionnel. Eifert a réussi à accumuler un bilan de 6-0 contre des adversaires de parcours avant de perdre lors de son premier combat de montée contre Tom Dzemski en août 2020. Cette défaite a été vengée l’année suivante.

Lors du match revanche, Eifert a remporté deux titres de jeunes, ce qui lui a ouvert la voie pour affronter certains des meilleurs poids lourds de 175 livres en Allemagne.

Un style de boxe européen

Il n’y a rien d’extraordinaire dans le style de boxe d’Eifert. C’est un boxeur de style européen basique avec une garde haute, qui se tient droit, a un peu de rebond et lance principalement des coups droits. Son meilleur atout est son endurance. Il lancera des coups de poing de manière constante pendant 12 rounds, avec peu de risque de ralentir ou de se fatiguer.

L’Allemand ne devrait pas représenter une grande menace pour Bivol et est l’adversaire idéal pour le champion afin de revenir dans le bain après sa convalescence. Eifert a cependant travaillé dur et attendu longtemps pour sa chance au titre, qui arrive enfin samedi.

Le problème pour lui est que cela se fait contre l’un des talents les plus redoutables du sport.